En tête à tête avec Jérome Lando-Casanova

Pour fr.europeantour.com
Agathe Séron


Jérôme Lando-Casanova
, tout juste 29 ans, joue son premier Open de France. Atypique, le Corse a commencé à jouer au golf à 19 ans après une blessure qui l'a éloigné des terrains de foot. Après avoir fait ses classes sur le Alps Tour, il ne lui a fallu qu'une saison pour accéder au Challenge Tour en 2013. Il est actuellement 18e de ce circuit.

Jérôme ne pensait pas être de la fête du golf français au Golf National mais il a reçu une invitation pour s'aligner aux côtés des plus grands. Un parfum pour le moins enivrant.

“J'ai su que je rentrais dans le champ mercredi dernier. J'avais fait une demande d'invitation avant les qualifications où l'on m'avait dit que cela n'était pas possible. Et puis, j'ai appris la semaine dernière que j'avais eu cette invitation grâce à Victor. Je l'ai beaucoup remercier et je vais essayer de le faire sur le parcours. On est très pote depuis longtemps et il avait l'occasion de pouvoir le faire pour un joueur et il l'a fait pour moi. Cela me fait vraiment plaisir et c'est pour ça que j'ai envie de bien jouer. »

Lando-Casanova a connu une très bonne série sur le Challenge Tour fin mai. Il a terminé à la deuxième place en Turquie puis a mené trois tours en Autriche avant un dernière tour plus délicat.

J'ai eu un très bonne qualité de frappe de balles après la Turquie et l'Autriche mais j'ai eu beaucoup de mal pendant trois semaines sur les greens. Je me suis battu et je n'arrivais pas à trouver la clef et c'était très frustrant parce que le jeu était très en place. Je tapais très bien la balle mais je n'arrivais pas à concrétiser. Je tapais bien mieux qu'en Turquie ou en Autriche mais là j'avais le petit jeu et les scores étaient là. C'était vraiment bizarre car j'ai eu un passage de trois semaines où, vraiment, j'ai le mieux tapé de toute l'année et cela correspond à mes trois cuts ratés. Alors oui, j'étais très frustré.

Je suis rentré bosser après les trois tournois, on a beaucoup travaillé avec Alain (Alberti), on n'a pas vraiment changé les choses mais on est revenu sur des trucs qui fonctionnaient notamment sur ma posture, changement de putter aussi (rires), c'est un vieux avec lequel je puttais très bien il y a quelques années. Cela faisait longtemps que je ne l'avais plus repris et cela m'a fait du bien tout de suite. C'est comme un réglage de Formule 1, cela se joue à des détails, mais je suis en confiance.”

A la question - Cela fait quoi d'être là ? - ses yeux balayent le practice, le sourire se dessine, lentement, comme pour savourer un peu plus.

“Cela fait du bien, c'est pour cela qu'on travaille. On se dit que c'est là que l'on a envie d'être toutes les semaines. Et puis voir les copains avec qui l'on s'entraine (Jacquelin, Levy) cela fait aussi du bien et l'on ne se dit pas forcement que l'on n'a pas sa place. On se dit au contraire que l'on peut largement avoir notre place mais il faut la mériter. On est une bonne équipe, on s'entend très bien. On a fait le reconnaissance ensemble ce matin à 7h50, il y en a toujours un qui donne son avis, un conseil à l'autre, si on peut s'aider entre nous et moi, cela m'est déjà arrivé de donner mon avis sur un truc à Raph ou Alex et eux ne sont pas avares de conseils avec moi.”

Le public français nombreux, les grands noms au départ pourraient gêner une préparation sereine mais le natif de Bastia ne retient que le positif de l'aventure qu'il vit.

“Franchement cette semaine, je la prends sans pression, c'est du bonus. Je devais être en Allemagne sur le Challenge Tour et je me retrouve ici ! Il y a ma mère et mon grand-père qui vont venir, j'ai juste envie de kiffer cette semaine mais je ne viens pas là en vacancier. Ils ne viennent jamais me voir normalement et cela fait longtemps qu'il ne m'ont pas vu en tournoi. Je suis très content pour mon grand-père, il a toujours aimé l'Open de France, il a maintenant 83 ans et il s'est mis au golf en même temps que moi il y a dix ans. Il kiffe ça, il doit faire encore deux à trois parcours par semaine et il portait encore son sac sur le dos il y a peu de temps. C'était un grand sportif, il était dans les bérets verts en tant que parachutiste et nageur de combat.”

La plupart des joueurs français connaissent l'Albatros comme leur poche, ils ont tous joué des championnats en tant qu'amateurs, nombreux vivent en région parisienne et le Golf National est leur terrain d'entraînement. Mais Lando-Casanova n'a pas connu cette même trajectoire pour sa carrière et de fait, il doit faire connaissance avec l'Albatros.

“Je ne connais pas bien le parcours. Je ne suis pas parisien et je n'ai jamais fait de tournoi ici. J'ai commencé le golf trop tard pour participer au Championnats de France des jeunes, j'avais 19 ans... Donc je le découvre. J'avais joué quelques fois en amateur en partie amicale avec des copains mais par contre, en format Open, c'est pas le même parcours ! Il y a des trous, il ne faut pas dormir. J'apprends à le connaître donc on va voir comment l'apprentissage se fait demain. Mais il y a tellement de pression sur chaque coup, on n'a jamais le droit à l'erreur donc forcement sur quatre heures et demi, il y a bien un coup que tu vas lâcher mais il faudra essayer de ne pas trop lâcher. Et pour le reste, il ne faudra faire que des bons coups. Il n'y a pas un trou cadeau où tu respires. Ce parcours, il faut le prendre humblement autrement on prend vite cher.”

Quand on évoque la vitesse de greens, Jérôme déclare dans un rire, “C'est monstrueux, c'est monstrueux ! Il faut le prendre en compte, j'ai entendu ce matin qu'ils sont à 4 mètres 12. Victor m'a dit que c'était pareil qu'à Augusta sauf que là bas, il y a plus de pente donc on pense qu'ils sont plus rapides. Il m'a dit que la qualité et la roule c'était comme à Augusta.
Cet après-midi, j'ai passé une heure à ne faire que de la vitesse mais bon, c'est pas évidement car le putting green est assez plat et il y a quand même beaucoup de breaks sur le parcours. Mais franchement, quel plaisir de jouer un parcours comme ça, c'est un vrai test de golf. On a eu des bons parcours bien préparés cette année sur le Challenge Tour mais les tontes de roughs ici et la qualité des greens, c'est exceptionnel. Je discutais avec pas mal de joueurs du Tour, ils me disaient qu'ils n'ont pas ça toutes les semaines. Donc cela fait plaisir d'y goûter en tout cas.”

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